Jour de l’indépendance énergétique 2026
À partir du 27 avril 2026, nous dépendons des importations énergétiques étrangères pour le reste de l’année.
Document original écrit en allemand. Version française traduite pas DeepL.com (version Pro). Relecture par la Fondation Énergie.
Résumé
Le lundi 27 avril 2026 marque le jour de l’indépendance énergétique de la Suisse. Rapportée à une année civile, la consommation énergétique de la Suisse n’est couverte par la production nationale que jusqu’au 27 avril. Après cette date, nous dépendons des importations d’énergie étrangère pour le reste de l’année. Certes, la date du jour de l’indépendance énergétique a tendance à reculer légèrement chaque année. Toutefois, à l’échelle européenne, la Suisse demeure plus dépendante des importations d’énergie que la moyenne. Si celles-ci proviennent majoritairement des pays membres de l’Union européenne (UE), les sources d’énergie fossiles et nucléaires trouvent, indirectement, en grande partie leur origine dans les pays du Moyen-Orient, d’Asie occidentale et de l’ancienne Union soviétique, ainsi qu’aux États-Unis, en Norvège et au Royaume-Uni. Grâce à la transition énergétique, il est possible de renforcer notre indépendance énergétique: en réduisant la consommation d’énergie, en développant la production nationale d’électricité et de chaleur, et en diminuant les importations grâce à la sortie du nucléaire et des énergies fossiles. L’UE restera néanmoins un partenaire commercial clé pour les échanges énergétiques, qui porteront à l’avenir principalement sur de l’électricité renouvelable produite localement dans les États membres.
Table des matières
- Résumé
- 1. Dépendance énergétique à l’égard de l’étranger
- 2. Jour de l’indépendance énergétique
- 3. L’indépendance énergétique en comparaison européenne
- 4. Variations de la date du jour d’indépendance énergétique
- 5. Provenance de l’approvisionnement énergétique suisse
- 6. Conclusion
- 7. Commentaires et sources
1. Dépendance énergétique à l’égard de l’étranger
L’approvisionnement énergétique de la Suisse se caractérise par une forte dépendance à l’égard de l’étranger. Environ deux tiers de l’énergie consommée dans le pays sont importés, notamment les produits pétroliers, le gaz naturel et l’uranium. Pour ces importations, nous versons en moyenne près de 7,3 milliards de francs suisses nets par an à l’étranger [1].
Une forte dépendance à l’égard de l’étranger peut poser problème. En effet, l’approvisionnement en énergie est vital pour la population, les entreprises et la société. Cette forte dépendance vis-à-vis des importations d’énergie rend notre économie vulnérable, en particulier dans le contexte de crises internationales, comme le montre une nouvelle fois le conflit actuel au Moyen-Orient. De plus, l’achat de sources d’énergie étrangères nous place face à un dilemme, car les gisements de pétrole et de gaz naturel les plus faciles à exploiter, et donc souvent les moins chers, se trouvent dans des États autoritaires, tandis que le pétrole brut, mais aussi le gaz naturel provenant des États-Unis, sont souvent produits par fracturation hydraulique et ont donc un impact environnemental plus important.
2. Jour de l’indépendance énergétique
Le «Jour de l’indépendance énergétique» met en évidence la forte dépendance de la Suisse à l’égard de l’étranger en matière d’approvisionnement énergétique. Le calcul de cette date indique jusqu’à quel jour de l’année le pays peut couvrir ses besoins uniquement grâce à ses ressources indigènes — autrement dit, jusqu’à quand celles-ci suffiraient si elles étaient utilisées seules depuis le début de l’année. À partir de cette date, la Suisse vit à crédit énergétique: elle dépend de l’étranger pour faire rouler ses voitures, chauffer ses bâtiments et faire fonctionner son industrie.
Le calcul du «jour de l’indépendance énergétique» s’appuie sur la Statistique globale suisse de l’énergie 2024 de l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) [2]. En 2024, l’excédent d’importation de sources d’énergie, y compris les combustibles nucléaires, s’élevait à 67,6 %. En revanche, la part de la production nationale de sources d’énergie primaire s’élevait à 32,4 % en 2024. Les sources d’énergie primaire nationales comprennent par exemple l’énergie hydraulique, le bois de chauffage, les déchets, la géothermie et l’énergie solaire. Ce taux d’indépendance énergétique de 32,4 %, converti sur une année de 365 jours, signifie que l’énergie produite localement en 2024 a été épuisée après 119 jours, soit le 16 avril 2023.
En l’absence de données pour les années 2025 et 2026, la date de l’indépendance énergétique pour 2026 a été estimée par extrapolation linéaire de l’évolution, entre 2015 et 2024, de la part de la production nationale d’énergie primaire dans la consommation totale du pays [3]. Il en résulte une production nationale de 32,0 % pour l’année 2026. Converti sur une année de 365 jour, le jour de l’indépendance énergétiquetombe le 27 avril 2026.
Le même calcul, basé sur une extrapolation linéaire, a également été effectué pour l’ensemble des 27 États membres de l’UE à partir des données d’Eurostat [4].
3. L’indépendance énergétique en comparaison européenne
La comparaison de la date de l’indépendance énergétique en 2026 entre la Suisse et les 27 États membres de l’UE montre que la Suisse dispose du potentiel nécessaire pour repousser cette échéance et réduire sa dépendance énergétique à l’égard de l’étranger (voir figure 1).
Le taux d’indépendance énergétique indique la part des sources d’énergie nationales dans la consommation intérieure brute d’une économie. Parmi les pays européens considérés, le taux d’indépendance énergétique calculé pour 2026 est de loin le plus élevé en Estonie, avec plus de 97 %. En d’autres termes, l’Estonie utilise pratiquement que des sources d’énergie nationales tout au long de l’année. La Lettonie, la Roumanie et la Suède affichent également un taux d’indépendance relativement élevé, supérieur à 50 %. Avec un taux d’indépendance énergétique calculé à environ 32 %, la Suisse se situe plutôt dans la moyenne européenne.
4. Variations de la date du jour d’indépendance énergétique
Les statistiques montrent que la Suisse a pu augmenter son indépendance énergétique à l’égard de l’étranger, passant d’un peu plus de 20 % en 2001 à près de 29 % en 2023 et même à plus de 32 % en 2024, repoussant ainsi la date de l’indépendance énergétique de la mi-mars à avril (voir figure 2). La série de données montre que l’indépendance énergétique est influencée par des événements et des évolutions à court terme. Ainsi, la pandémie de coronavirus durant 2020 et 2021, s’est caractérisés par une indépendance énergétique plus élevée, en raison de la réduction de la mobilité et de la consommation de combustibles fossiles importés. En 2022, la mobilité a repris son niveau antérieur. Par ailleurs, un hiver rigoureux a entraîné une hausse de la demande en combustibles fossiles importés. L’année 2024 a quant à elle affiché une forte indépendance énergétique, car les températures élevées ont rendu les besoins en énergie de chauffage exceptionnellement faibles et les précipitations abondantes ont permis une production hydroélectrique élevée. Il a ainsi fallu importer moins de combustibles fossiles et il a été possible d’exporter davantage d’électricité.
La tendance générale des dernières décennies est claire: grâce à l’utilisation accrue des ressources renouvelables locales, l’indépendance énergétique augmente. Pour accroître durablement l’indépendance énergétique et renforcer notre sécurité d’approvisionnement, il est nécessaire de poursuivre des mesures efficaces visant à augmenter la production énergétique nationale et à réduire la dépendance aux sources d’énergie étrangères. La date de l’indépendance énergétique pourrait ainsi être repoussée vers l’été et l’automne.
De manière générale, la réduction de la consommation d’énergie par des mesures d’efficacité et de sobriété énergétiques, ainsi que le développement de la production nationale d’énergies renouvelables, contribuent à diminuer la dépendance vis-à-vis de l’étranger et à renforcer la sécurité d’approvisionnement.
5. Provenance de l’approvisionnement énergétique suisse
En 2024, l’approvisionnement énergétique de la Suisse dépendait à près des deux tiers des importations. À cet effet, plus de 6,6 milliards de francs suisses ont été versés à l’étranger (voir figure 3). 6,17 milliards de francs suisses ont été dépensés pour le pétrole brut et les produits pétroliers, 1,94 milliard pour le gaz naturel, 119 millions pour les combustibles nucléaires, 16 millions pour le charbon et 37 millions pour le bois et le charbon de bois. En 2024, la Suisse a exporté vers l’UE de l’électricité pour un montant net de 1,68 milliard de francs suisses, la production d’électricité ayant dépassé de près de 20 % la moyenne décennale de la production nationale en raison de précipitations supérieures à la moyenne et de la production hydroélectrique[6].
La majeure partie des sources d’énergie importée en Suisse proviennent des pays membres de l’UE. Il s’agit principalement des produits pétroliers, qui proviennent à près de 99 % de l’UE, notamment d’Allemagne, de France, des Pays-Bas et d’Italie. À l’origine, ces produits, et plus largement le pétrole brut, proviennent en grande partie de pays hors UE. En 2024, il s’agissait principalement des États-Unis, de la Norvège, du Kazakhstan, de l’Arabie saoudite, de l’Irak et d’autres pays (voir figure 4). Le gaz naturel et l’électricité sont également importés en Suisse depuis l’UE, via le réseau gazier et les lignes électriques. En 2024, le gaz du réseau gazier de l’UE provenait principalement de Norvège, de Russie, d’Algérie, des États-Unis et de l’UE elle-même (par exemple des Pays-Bas) (voir figure 4). Une part croissante a été importée sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL) par bateau.
En 2024, la Suisse a surtout importé du pétrole brut d’autres pays, dont près de 55 % provenaient des États-Unis, suivis du Nigeria (37 %), puis de l’Algérie et de la Libye, chacun représentant un peu moins de 4 %. [8].
En raison de l’absence de gisements d’uranium, les matières premières nécessaires aux barres de combustible nucléaire doivent également être importées en Europe par des pays hors UE. En 2024, quatre pays ont joué un rôle majeur à cet égard. Un tiers des importations d’uranium dans l’UE provenait du Canada, environ un quart du Kazakhstan, un sixième de Russie et un peu plus de 10 % d’Australie [10]. Si la part russe dans l’approvisionnement en uranium diminue régulièrement, la Russie continue toutefois de jouer un rôle important pour les centrales nucléaires européennes en matière de conversion et d’enrichissement de l’uranium [11]. Les statistiques douanières ne permettent pas de retracer entièrement l’origine des barres de combustible qui sont finalement utilisées en Suisse. Environ 45 % de l’électricité produite par les centrales nucléaires suisses l’est actuellement à partir d’uranium russe [12]. L’exploitant de ces centrales a toutefois déjà annoncé qu’à l’avenir, l’uranium proviendra de mines canadiennes et kazakhes [13].
6. Conclusion
L’approvisionnement énergétique de la Suisse dépend encore largement de l’étranger, comme le montre clairement le «Jour de l’indépendance énergétique». Certes, l’indépendance énergétique de la Suisse s’est constamment améliorée ces dernières années. Mais les bouleversements survenus sur les marchés internationaux de l’énergie ces dernières années ont également mis en évidence la vulnérabilité de l’approvisionnement énergétique suisse et les conséquences de la dépendance vis-à-vis des énergies fossiles.
La transition énergétique rendra la Suisse moins dépendante des sources d’énergie étrangères. En effet, les importations de combustibles fossiles et d’énergie nucléaire diminueront, la consommation d’énergie globale baissera et une part croissante de l’approvisionnement énergétique proviendra de sources d’énergie renouvelables indigènes. Les échanges avec les États membres de l’UE demeureront néanmoins d’une importance capitale. En effet, l’approvisionnement en électricité de la Suisse est étroitement lié à celui de ses pays voisins. Grâce à l’accord sur l’électricité conclu avec l’Union européenne, la Suisse pourra mieux s’intégrer sur le plan institutionnel et renforcer ainsi la sécurité de son approvisionnement en électricité, tout en en réduisant les coûts. La Suisse pourra ainsi, avec ses voisins européens, devenir plus indépendante des importations d’énergies polluantes provenant de pays dont le respect du droit international est discutable.
7. Commentaires et sources
[1] Moyenne calculée pour la période 2015-2024. En termes nets, les importations annuelles de combustibles fossiles et nucléaires se sont élevées en moyenne à 7,261 milliards de francs.
Sources des données: OFEN (2025). Statistique globale suisse de l’énergie 2024. Office fédéral de l’énergie OFEN: Berne ; page 55, tableau 41. Consulté sur: https://www.bfe.admin.ch/bfe/fr/home/approvisionnement/statistiques-et-geodonnees/statistiques-de-lenergie/statistique-globale-de-l-energie.html (état au 20/03/2026).
[2] OFEN (2025). Statistique globale suisse de l’énergie 2024. Office fédéral de l’énergie OFEN: Berne; page 15, tableau 8. Extrait de:https://www.bfe.admin.ch/bfe/fr/home/approvisionnement/statistiques-et-geodonnees/statistiques-de-lenergie/statistique-globale-de-l-energie.html (état au 20/03/2026).
[3] Le graphique présente le taux d’indépendance énergétique, c’est-à-dire la part des sources d’énergie primaires d’origine nationale de 2015 à 2024, ainsi que l’extrapolation linéaire jusqu’en 2026.
Sources des données pour la Suisse : voir [2].
[4] Le taux d’indépendance énergétique des États membres de l’UE est calculé à partir de différents sous-ensembles de données d’Eurostat. La base utilisée est la base de données sur les bilans énergétiques complets («Complete Energy Balances»). C’est de là que sont extraites les données annuelles sur les importations, les exportations et l’énergie brute disponible («Gross available Energy»). Les combustibles nucléaires ne sont toutefois pas déclarés par Eurostat comme des importations, mais comme des sources d’énergie produites sur le territoire national. Comme aucun État membre de l’UE ne dispose de gisements d’uranium, ceux-ci sont toujours importés de l’étranger. Pour la présente étude, les combustibles nucléaires, qui sont répertoriés par Eurostat comme «chaleur nucléaire» («nuclear heat»), sont donc ajoutés aux importations. La dépendance à l’égard des importations d’énergie est calculée selon la formule suivante: Dépendance = importations et exportations de combustibles nucléaires / Énergie brute disponible.
Pour l’année 2026, les données des années 2015 à 2024 sont extrapolées.
Sources des données: Eurostat (2026). Bilans énergétiques complets. Consulté sur: https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/nrg_bal_c/default/table?lang=en (état au 27/03/2026).
[5] Calculé à partir des données de [2]. Ces données officielles ne couvrant que la période allant jusqu’en 2024, le graphique ne présente les indicateurs de la dépendance énergétique de la Suisse que jusqu’en 2024.
[6] Le taux d’indépendance énergétique des États membres de l’UE est calculé à partir de différents sous-ensembles de données d’Eurostat. La base utilisée est la base de données sur les bilans énergétiques complets («Complete Energy Balances»). C’est de là que sont extraites les données annuelles sur les importations, les exportations et l’énergie brute disponible («Gross available Energy»). Les combustibles nucléaires ne sont toutefois pas déclarés par Eurostat comme des importations, mais comme des sources d’énergie produites sur le territoire national. Comme aucun État membre de l’UE ne dispose de gisements d’uranium, ceux-ci sont toujours importés de l’étranger. Pour la présente étude, les combustibles nucléaires, qui sont répertoriés par Eurostat comme «chaleur nucléaire» («nuclear heat»), sont donc ajoutés aux importations. La dépendance à l’égard des importations d’énergie est calculée selon la formule suivante: Dépendance = importations et exportations de combustibles nucléaires / Énergie brute disponible.
Pour l’année 2026, les données des années 2015 à 2024 sont extrapolées.
Sources des données: Eurostat (2026). Bilans énergétiques complets. Consulté sur: https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/nrg_bal_c/default/table?lang=en (état au 27/03/2026).
[7] Voir [1].
[8] Avenergy Suisse (2025). Le secteur pétrolier en Suisse – Rapport annuel 2024. Consulté sur: https://avenergy.ch/images/pdf/Jahresberichte/Jahresbericht_2024_de_Statistiken.pdf (au 27/03/2026).
[9] Sources des données : Avenergy Suisse (2025). Secteur pétrolier suisse – Rapport annuel 2024. Consulté sur: https://avenergy.ch/images/pdf/Jahresberichte/Jahresbericht_2024_de_Statistiken.pdf (état au 27/03/2026).
Gazenergie (2025). Association suisse de l’industrie gazière – Statistiques 2025. Consulté sur : https://gazenergie.ch/fileadmin/user_upload/e-paper/GE-Jahresstatistik/VSG-Jahresstatistik-2025.pdf (état au 30/03/2026)
Eurostat (2026). Importations de gaz naturel par pays partenaire. Consulté sur: https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/nrg_ti_gas__custom_10558918/default/bar?lang=en (état au 30/03/2026).
Eurostat (2026). Importations de pétrole et de produits pétroliers par pays partenaire. Consulté sur: https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/nrg_ti_oil__custom_10559117/default/bar?lang=en (au 30/03/2026).
[10] Agence d’approvisionnement d’Euratom (2026). Observatoire du marché. Consulté sur: https://euratom-supply.ec.europa.eu/activities/market-observatory_en (au 27/03/2026).
[11] Schneider, M. et al (2025). The World Nuclear Industry – Status Report 2025. Consulté sur: https://www.worldnuclearreport.org/IMG/pdf/wnisr2025-v2.pdf (consulté le 27/03/2026)
[12] Fondation Énergie (2024). Rosatom et la Suisse – Notre dépendance à l’uranium russe. Consulté sur: https://fondationenergie.ch/priorites/nucleaire/rosatom-et-la-suisse (au 08/04/2025).
[13] Axpo (2025). Axpo signe de nouveaux contrats d’approvisionnement en combustible pour les centrales nucléaires. Communiqué de presse du 17 février 2025. Consulté sur: https://www.axpo.com/ch/de/newsroom/medienmitteilungen/2025/axpo-signs-new-fuel-contracts-for-nuclear-power-plants-.html (état au 08/04/2025).