Nouvelles centrales nucléaires en Suisse – Mauvaise décision du Conseil des États
Zurich, le 11 mars 2026
En ce jour anniversaire de la catastrophe de Fukushima, le Conseil des États a décidé d’autoriser à nouveau la construction de nouvelles centrales nucléaires en Suisse. Ce revirement sur le nucléaire met en péril le développement des énergies renouvelables. Le Conseil national est désormais appelé à maintenir le cap et à corriger cette décision irresponsable qui va à l’encontre de la volonté populaire.
La catastrophe de Fukushima, survenue le 11 mars 2011, a marqué un tournant dans la politique énergétique. Avec la Stratégie énergétique 2050 (2017) et le OUI clair à la loi sur l’électricité (2024), la population s’est depuis lors prononcée à plusieurs reprises en faveur des énergies renouvelables et de la sortie du nucléaire.
Le revirement nucléaire crée une dépendance et menace les énergies renouvelables
Malgré cela, le Conseil des États a suivi aujourd’hui la proposition du Conseil fédéral, qui souhaite à nouveau autoriser la construction de nouvelles centrales nucléaires en Suisse. Ce projet rend la Suisse dépendante des importations d’uranium et nuit à la transition énergétique.
Malgré cela, le Conseil des États a décidé aujourd’hui d’autoriser à nouveau la construction de nouvelles centrales nucléaires en Suisse. Même limitée à une éventuelle nouvelle génération de centrales nucléaires, cette proposition rendrait la Suisse dépendante des importations d’uranium et repose sur des chimères dont la faisabilité est totalement imprévisible.
Les nouvelles centrales nucléaires freinent le développement des énergies renouvelables bon marché, propres et locales, comme le montre une étude réalisée en novembre dernier par la Fondation Énergie. «Les centrales nucléaires et les énergies renouvelables sont incompatibles. En faisant volte-face sur le nucléaire, le Conseil des États risque de ne pas atteindre les objectifs qu’il s’est fixés en matière de développement des énergies renouvelables. Il met ainsi en péril la sécurité de l’approvisionnement en électricité et la décarbonisation», explique Nils Epprecht, directeur de la Fondation Énergie.
Des coûts se chiffrant en milliards et des risques élevés pour la collectivité
Selon l’Académie suisse des sciences naturelles SCNAT, une nouvelle centrale nucléaire ne fournirait pas d’électricité avant 2050 au plus tôt. Sa construction entraînerait des coûts immenses, qui seraient supportés par la population via les impôts et une augmentation du prix de l’électricité. Dans tous les cas, c’est la population qui paiera la facture, par le biais des impôts et d’une augmentation des prix de l’électricité, même si la Confédération ne participe pas au financement.
À cela s’ajoutent les risques sanitaires liés aux déchets radioactifs et le danger d’une catastrophe nucléaire, qui aurait des conséquences catastrophiques dans un pays aussi densément peuplé que la Suisse.
Le Conseil national doit maintenir le cap
La balle est désormais dans le camp du Conseil national. La Fondation Énergie appelle fermement à maintenir l’interdiction légale de construire de nouvelles centrales nucléaires. Cette mesure est essentielle pour garantir les objectifs de la transition énergétique fixés par la population et pour ne pas compromettre les investissements dans la production décentralisée des énergies renouvelables dans les années à venir.
Contact
Nils Epprecht
Directeur général Fondation Énergie
+41 77 455 99 79, nils.epprecht@energiestiftung.ch