La CEATE-N ouvre précipitamment la voie à de nouvelles centrales nucléaires
Zurich, le 21 avril 2026
La Commission de l’énergie du Conseil national (CEATE-N) a décidé, à une courte majorité, d’adopter le contre-projet indirect à l’initiative «Stop au blackout», ouvrant ainsi la voie à la construction de nouvelles centrales nucléaires en Suisse. La Fondation Énergie critique vivement cette décision et appelle l’assemblée plénière du Conseil national à corriger cette erreur.
La Commission de l’énergie va à l’encontre de la volonté maintes fois réaffirmée de la population, qui s’est clairement prononcée depuis 2017 en faveur de la sortie du nucléaire et du développement systématique des énergies renouvelables. La mise en œuvre de la Stratégie énergétique 2050 est en cours et porte ses premiers fruits. Cette décision, prise à une faible majorité, intervient à un moment inopportun, alors que la Suisse réalise des progrès visibles dans le développement des énergies renouvelables — des progrès qui seraient menacés par de nouveaux projets nucléaires.
Une décision précipitée et des critiques ignorées
Du point de vue de la Fondation Énergie, la manière dont cette décision a été prise est particulièrement choquante. L’examen du projet par la CEATE-N s’est déroulé dans un délai exceptionnellement court, insuffisant pour une décision d’orientation d’une telle importance en matière de politique énergétique.
De plus, les objections fondées et légitimes de la Commission des finances du Conseil national (CdF-N) n’ont pas été prises en considération comme il se doit. Elles ont été purement et simplement ignorées. Compte tenu des risques financiers considérables que représentent de nouvelles centrales nucléaires pour la Confédération, un examen approfondi aurait été indispensable — et demeure nécessaire.
Le Conseil national doit revenir sur sa décision
Le Conseil national a désormais la possibilité de corriger cette décision en refusant d’entrer en matière sur le contre-projet. La Commission de l’énergie s’y est opposée, grâce à la voix prépondérante de son président. On peut donc supposer que les représentant·e·s du Centre se sont majoritairement prononcé·e·s contre le refus d’entrée en matière. Cela montre qu’une majorité existe en plénière pour renverser cette décision très étroite. En effet, les groupes parlementaires des Verts, du PS, du PVL et du Centre disposent ensemble de la majorité des voix.
Les nouvelles centrales nucléaires sont coûteuses, risquées et contre-productives
La construction de nouvelles centrales nucléaires n’est justifiée ni sur le plan économique ni sur celui de la politique énergétique. Elle représente des coûts de plusieurs dizaines de milliards, immobilise des investissements pendant des décennies et freine le développement des énergies renouvelables, pourtant indispensables. Chaque franc investi dans le nucléaire est un franc en moins pour des solutions rapidement disponibles, propres et abordables.
De plus, des problèmes majeurs restent sans solution: le stockage définitif des déchets radioactifs, la dépendance aux importations d’uranium et le risque d’accidents graves, avec des conséquences potentiellement désastreuses pour les personnes et l’environnement dans une Suisse densément peuplée. Même quarante ans après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, ce danger ne s’est pas atténué.
Poursuivre sur la voie de la stratégie énergétique
La Fondation Énergie exhorte le Conseil national à revenir sur cette décision en séance plénière. Un retour à l’énergie nucléaire sape les objectifs climatiques, met en péril la sécurité d’approvisionnement et va à l’encontre de la volonté populaire. Il faut au contraire poursuivre avec détermination la voie engagée: le développement rapide des énergies renouvelables, une meilleure efficacité énergétique et un approvisionnement énergétique indépendant, sûr et abordable pour la Suisse.
Contact
Thierry Monnin
Responsable de la communication en Suisse romande
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