Référendum du 28 février 2027: la population peut stopper le retour du nucléaire
Zurich, le 21 octobre 2026
Le Conseil fédéral l’a décidé aujourd’hui: le 28 février 2027, le peuple suisse se prononcera sur la construction de nouvelles centrales nucléaires. Dangereuses, coûteuses et inutiles, elles font peser des risques et des coûts sur la population. Même le secteur électrique s’y oppose. La coalition « Non aux nouvelles centrales nucléaires » combattra fermement ce retour en arrière. Les électrices et les électeurs ont déjà voté trois fois en faveur d’un avenir énergétique fondé sur les énergies renouvelables.
Deux semaines après le dépôt de 131’793 signatures par la coalition «Non aux nouvelles centrales nucléaires», la date du référendum est fixée au 28 février 2027. Le peuple suisse se prononcera sur la levée de l’interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires. La coalition est prête à mener campagne et reste convaincue que la population corrigera la décision du Conseil fédéral et du Parlement, adoptée à une très faible majorité.
Même le secteur de l’électricité exprime son opposition
Même les groupes énergétiques reconnaissent désormais que la construction de nouvelles centrales nucléaires est irréaliste. Ce week-end, la responsable de la production chez BKW a déclaré dans la presse: «Dans les conditions actuelles, la construction de nouvelles centrales nucléaires en Suisse n’est pas réaliste.» Les coûts se situeraient plutôt dans le haut de la fourchette, estimée entre 10 et 40 milliards de francs. Rien ne justifie de lever l’interdiction de nouveaux réacteurs.
Au final, c’est la population qui paie
Aucun investisseur privé ne prendra en charge de tels investissements. La facture reviendrait à la population, par le biais des impôts ou des tarifs de l’électricité. Une nouvelle centrale nucléaire ne produirait pas un seul kilowattheure avant vingt ans au plus tôt. D’ici là, la Suisse devrait financer ces projets pendant des décennies, tout en assumant les risques de retards et de dépassements de coûts de plusieurs milliards.
De nouvelles centrales nucléaires rendraient la Suisse encore plus dépendante des importations d’uranium, de régimes autoritaires comme celui de Poutine et des décisions des grandes puissances. Chaque franc investi dans le nucléaire serait en outre détourné du développement des énergies renouvelables, qui fournissent déjà une électricité bon marché et surtout produite localement.
Une menace existentielle pour la Suisse, un pays densément peuplé
L’IFSN, l’EPFZ et la Confédération sont unanimes: pour la Suisse, seuls des réacteurs nucléaires conventionnels pourraient être envisagés dans les années à venir. Ceux-ci nécessitent un refroidissement permanent du combustible sous haute pression. En cas de défaillance du système de refroidissement, une fusion du cœur reste un risque réel. La catastrophe de Fukushima a montré qu’un tel accident peut survenir même dans un pays réputé pour ses normes de sécurité strictes, comme le Japon. Cette expérience a contribué à la décision de sortir du nucléaire, approuvée par la population en 2017. La Suisse ne veut pas prendre un tel risque, ni léguer aux générations futures des déchets radioactifs pour lesquels aucune solution définitive n’a encore été trouvée.
La population veut des énergies renouvelables, pas des centrales nucléaires
Le lobby nucléaire a lancé sa campagne depuis longtemps. Depuis des semaines, les partisans du retour de l’atome multiplient les publicités sur les réseaux sociaux. La coalition «Non aux nouvelles centrales nucléaires» leur oppose une mobilisation citoyenne, portée par des centaines de bénévoles de tous horizons politiques, un large soutien populaire et des arguments fondés sur les faits plutôt que sur des slogans publicitaires.
Les électrices et les électeurs se sont déjà prononcé·e·s clairement à trois reprises en faveur d’un avenir énergétique renouvelable: en 2017 avec la Stratégie énergétique 2050, en 2023 avec la Loi sur la protection du climat et en 2024 avec la Loi sur l’électricité. Le 28 février 2027, ils pourront confirmer cette orientation et poursuivre sur cette voie.
Citations
Brigitte Häberli-Koller, conseillère aux États Le Centre (TG):
«Même BKW reconnaît que la construction de nouvelles centrales nucléaires en Suisse n’est pas réaliste et que les risques de dépassements de coûts sont très élevés. La Suisse ferait bien d’en tenir compte. Un responsable politique de droite ne dépense pas l’argent que nous n’avons pas. Au final, ce sont les familles et les entreprises qui passent à la caisse. C’est pourquoi je dis non au retour du nucléaire.»
Jacqueline Badran, conseillère nationale (ZH), vice-présidente du PS Suisse:
«Le lobby nucléaire veut nous faire passer une technologie du siècle dernier pour l’énergie de demain. De nouvelles centrales nucléaires, c’est le risque d’un accident au cœur du Plateau suisse densément peuplé, des déchets radioactifs pour un million d’années et une dépendance accrue à l’uranium provenant d’États autocratiques. La population de Kaiseraugst n’a jamais voulu prendre ce risque, ni après Tchernobyl ni après Fukushima. Et le 28 février, elle dira une nouvelles fois clairement non au nouvelles centrales nucléaires.»
Contact
Dimitri Rougy
Responsable médias de la coalition «Non aux nouvelles centrales nucléaires»
medias@stop-nucleaire.ch, 076 681 81 78
Coalition «Non aux nouvelles centrales nucléaires»
En lançant le référendum, la coalition veille à ce que la population ait le dernier mot sur ces questions fondamentales. Elle regroupe de nombreux partis et organisations qui militent en faveur d’un avenir énergétique fondé sur les énergies renouvelables plutôt que sur le nucléaire.
Les arguments et la liste des organisations qui soutiennent cette initiative se trouvent sur: https://www.stop-nucleaire.ch/